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Intervention Initiale de Daniel GODARD: Conseil Municipal du 15 avril 2021

Monsieur le Maire, au début de notre dernier conseil, sans doute très mal conseillé, tu as fait une déclaration visant à dramatiser la situation, au cours de laquelle tu as jugé bon de tourner en dérision les contacts que tu venais d'avoir, à ton initiative, j'insiste, avec Florence ESNAULT et moi-même. Tu as en effet évoqué, de façon tout à fait invraisemblable, je te cite : « demande de rançon, ultimatum, menaces, négociations d'antichambres, combines d'alcôves, qui te donneraient la nausée, etc.... » révélant simplement que la personne qui a écrit ton intervention, même si elle désirait ardemment qu'il soit mis fin à ces contacts, connaissait très mal la situation réelle. Bien sûr, « tout ce qui est excessif est insignifiant », mais je suis quand même amené à te dire : « Si tu as un problème avec la vérité, gardes au moins le respect des personnes !». Car, quelques jours après (suite au rejet du budget par notre assemblée) tu reprenais toi-même, à nouveau, ces mêmes contacts que tu venais de ridiculiser grossièrement.


Notre débat actuel n'est pas médiocre, il concerne même des points essentiels. Au risque de paraître prétentieux, je suis tenté de citer d'abord Antoine de SAINT EXUPERY qui disait notamment: «Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis.» en faveur de dialogues véritables et d'un minimum de respect, puis une citation apocryphe, bien connue, attribuée à Albert CAMUS : «Mal nommer les choses, c'est contribuer au malheur du monde». Transposé à notre situation actuelle, cela veut dire que, s'il serait, naturellement, bien plus confortable de fermer les yeux, de relativiser les choses et s'accommoder de la dérive constatée de la gouvernance, cela ne résoudrait rien. Je vais donc être obligé de continuer en essayant de nommer effectivement les choses.


Quand on est dans une impasse, il est tout à fait normal d'essayer d'en sortir. Il est alors utile d'essayer de comprendre comment, en quelques mois, on en est arrivé là. Et là, nous sommes obligés de constater que tu as, avec une rare persévérance, mois après mois, créé toi-même les conditions de cette impasse, sans doute très mal conseillé. Comment ? En chassant (sans véritable explication) de nombreux membres de ton équipe municipale qui, avec leurs qualités et défauts respectifs bien sûr, n'avaient aucunement démérité et n'étaient probablement pas les plus mauvais. Comment ? En animant des comités restreints, j'allais dire « clandestins », éliminant arbitrairement bon nombre des membres de ta liste, en supprimant donc toute réunion de liste, en ne répondant pas aux questions normales sur la vie municipale, en refusant systématiquement tout échange. Comment ? En laissant tes proches conseillers couper systématiquement les canaux de communication et d'échanges existants, comme des groupes WhatsApp. Je ne veux pas personnaliser mais en m'éliminant systématiquement de toute commission, par exemple, à quel titre ? Comment ? En insistant fortement toi-même, ici-même, en faveur de la création d'un nouveau groupe indépendant regroupant les élus que tu avais exclus. Enfin, en refusant explicitement de te désolidariser de l'agressivité inexcusable renouvelée de ton premier Adjoint actuel, dont je peux témoigner personnellement à plusieurs reprises. Tout ce projet d'exclusions systématiques que tu as mené a donc conduit à la situation actuelle, de ton fait. Il m'a semblé, plusieurs fois, que nous étions entré dans une sorte de tragédie grecque où un aveuglement persistant, inspiré par de mauvais génies, conduirait inévitablement à une catastrophe finale. Il faut donc maintenant briser ce sortilège et essayer de « sortir par le haut ».


Oui, maintenant qu'on en est là, comment en sortir ? Il faut penser avant tout à l'intérêt des Louveciennois, particulièrement dans cette période difficile qui se prolonge mois après mois. Il faut ensuite utiliser les nombreuses compétences dont nous disposons à Louveciennes, indépendamment de toutes les anciennes querelles (parfois très anciennes, comme l'a rappelé Florence ESNAULT), qui n'ont plus lieu d'être et dont les Louveciennois, à juste titre, sont lassés. Je suis à nouveau tenté par une citation bien connue de SENEQUE : « Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles ». Alors que notre pays est entré dans une nouvelle période avec de nombreux problèmes à traiter en priorité, qui appelle une réaction d'urgence, nous allons donc maintenant nous atteler d'abord à la constitution d'une nouvelle gouvernance, plus adaptée à la situation actuelle. Ce sera tout pour le moment Monsieur le Maire !


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